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Vyatcheslav GOUK. Les incunables criméens

теґи: GOUK

 

Vyatcheslav GOUK (né en 1974) Tour à tour poète, romancier, essayiste et traducteur littéraire, Vyatcheslav Gouk a su créer un monde poétique très paarticulier dans la poésie ukrainienne. Un monde qui fixe le temps par les moyens d’associations physiologiques qui renvoient à des phénomènes extra-logiques dans un instant transcendant la réalité quotidienne. Outre les recueil de poèmes il est surtout connu pour ses romans « Le syndrome des souvenirs d’enfance » et « Le jardin de Galatée », dont le premier lui a valu le Prix du Président d’Ukraine.

 

Les incunables criméens

 

9

Un coup va passer, une abeille, une abeille d’or claire.

Un avion de guerre dans un ciel jusqu’alors sans nuages –

Il suffit de si peu – cette lagune devient étrangère

Au regard englobé par le matin du paysage.

 

Ce regard bien trop long où se cache une rose suprême

De ta robe de gala, de feu embrasée, je pense

Qu’elle était le symbole d’un désir inavoué ou même

De l’été du Midi, c’est la seule image qu’il me lance.

 

Vois : après les combats de Dunkerque mon cerveau s’attache

A fixer autre chose que la vie banale, intenable,

Vois : le vent du Midi emporte les graines si blanches 

Par-delà tous ces quais endormis, par-delà les sables.

 

C’est l’arôme des roses coupées, c’est l’été portuaire,

Mes oreilles et mes yeux désapprirent les choses quotidiennes.

L’inscription d’autrefois – de ta main – s’effaça du photo d’avant-guerre

Seule me reste l’image d’une péniche que le cours ne retienne...

 

14

Cette maison à l’écart, une maison en brique si ancienne,

Une table, un vase et les roses blanches qui se fânent,

Dans cette longue lettre vers toi pas de virgules qui tiennent,

Gestapo les exige mais comment les traces, infâmes ?

 

Or les monogrammes des serviettes familiales m’entraînent,

C’est ici que débute la chronique de Nora, la fable

De ta voix assourdie, elle me sembke encore plus lointaine

Et le cadre fixera des doubles interminables.

 

L’hirondelle usée arrivera quand même sans limite

Dans le bleu du ciel sous les cris de la mitraillette,

Laisse venir ces lettres, laisse rentrer ces lettres, tu m’abrites,

Vois ; ils m’ont tout pris, des dessins noir et balnc, des palettes,

 

Mais le temps changera, mais le pôle éclatera sans faute,

Une forêt d’automne te fera des signes dans le rêve

Et ta voix présente sur cette bande oubliée me porte

Comme un stacatto de mémoire qui jamais ne s’achève.

    2006